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REGISTRES D
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office avoir, tenir et doresnavant exercer par led. m" Claude Perrot, aux gaiges, honneurs, privileges) franchises, droictz et proffictz dont joyssoit led. Du­moulin. Si donnons en mandement par ces presentes au Recepveur ordinaire de lad. Ville que lesd, gaiges et droictz il baille et paie doresnavant par chascun an aud. Perrot aux termes et en la maniere acous­tumée; lesquelz ainsi à luy paiez et baillez, nous voullons, en rapportant ces presentes ou vidimus d'i­celles faict soubz seel royal pour une foys avec quic­tance d'icelluy Perrot seullement, estre allouez en ses comptes et rabattue de sa recepte sans aucune diffi­culté. En tesmoing de ce nous avons mis à ces pre­sentes le seel de lad. Prevosté des Marchans. Ce fut faict le treiziesme jour d'Octobre mil cinq cens soi­xante cinq, n
Comptes, Prevost des Marchans, et les Eschevins de la villede Paris, salut. Sçavoir faisons que, pour le bon rapport qui faict a esté en Assemblée generalle faicte de nous, des Conseillers, Quarteniers et bour­geois de lad. Ville, de la personne de me Claude Perrot, advocat en la Court, natif de Paris, et de ses sens, experience, literature, suflizance, loyauté, preudhommie et bonne diligence, à icelluy, pour ces causes et autres considerations à ce nous mouvans, avons, par election faicte en lad. Assemblée gene­ralle de sa personne, concordablement et sans au­cune contradiction, donné et octroyé, donnons et octroyons par ces presentes l'estat et office de Procu­reur du Roy et de lad. ville de Paris, vaccant par la mori et trespas de feu mc Loys Dumoulin, dernier paisible possesseur d'icelluy office, lequel Perrot a faict le serment én tel cas acoustumé, pour icelluy
DCCXXIX. — Feuz de joïe tour la victoire obtenue contre le Turc au siege de Malte.
3o octobre i565. (H 1784, fol. 338 r°.)
Du xxx" et pcnultiesme jour d'Octobre mil cinq cens soixante cinq.
Ce jour, monseigneur le mareschal Gouverneur a mandé monsieur le Prevost aller devers luy, et luy a monstré les lectres de Sa Majesté, par les­quelles elle luy ordonnoit faire entendre aud. sr Prevost et Messieurs les Eschevins de ceste ville de Paris comme Dieu par sa bonté avoyt destourné les effortz que l'armée du Grand Seigneur avoit entre­prins faire sur l'isle et ville de Malte, laquelle avoit esté assiégée par lad. armée six mois entiers. Tou­tesfoys par la providance et bonté de Dieu les che­valliers auroient si vivement et vertueusement ré­sisté aux assaulx de lad. armée, et tant vertueusement deffendu lad. Ville, faict saillyes sur les ennemys
que enfin ilz les auroient contrainctz de lever le siege et abandonner l'isle avec une perte infinie de leurs gens, vaisseaulx, artilleryes et autres muni­tions de guerre, et qu'il estoit bien raisonnable d'en rendre graces à Dieu qui donne les victoires, ainsi que par sa bonté et providance il luy plaist ordon­ner'1); à ceste cause voulloyt et ordonnoit que lesd. Prevost des Marchans et Eschevins en rendissent graces, feissent faire feuz et démonstrations de joye publicque. A ceste cause lesd. Prevost des Marchans et Eschevins ont ordonné au cappitaine de l'artil-lerye affusler quelques pieces. Et ont faict faire ung feu de joye en la Greve, et ont faict chanter Te Deum à l'eglise Sainct-Jehan-en-Greve pour rendre graces à Dieu, et ont assisté aud. Te Deum.
(■' De Thou a consacré l'un des livres de son Histoire (t. V, p. 64, liv. XXXVIII) au récit détaillé du siège de Malte, siège mé­morable qui dura quatre mois, de mai à septembre 1565. Les Turcs y perdirent 20,000 hommes, savoir : 12,000 soldais et 8,ooo ra­meurs ou matelots; du côté des chrétiens, tantdans les châteaux Saint-Eloi et Saint-Michel que dans la ville, il périt 9,000 personnes de tout sexe et de tout âge, parmi lesquelles on compta 3,ooo hommes de guerre; 260 chevaliers furent tués. Brantôme (édit. Lalanne, t. V, p. 4o6-4o7) donne la liste des principaux gentilshommes qui, en sa compagnie, prirent part à la lutte contre les Turcs. Le journal de Bruslard dit à propos de la levée de ce siège que, «le jour S' Simon et S' Jude (28 octobre), en fust rendu action de graces à Dieu par une procession publique et generalle qui fust faicte aux Jacobins, et le mesme jour après disné, fust célébré l'ohit des pauvres chevaliers qui y estoient morts; et le lendemain suivant, fust célébré la messe de requiem pour eux-. (Mémoires de Condé, I. I, p. 166.) D'après une histoire manuscrite de la Sainte-Chapelle (Archives nationales, LL 632, fol. 4og), le 15 novembre, "fut faicte une procession au Temple pour rendre graces â Dieu de la victoire remportée par les Chrestiens à Malthe et en Hongrie sur les Turcs, et le lendemain fut fait un service pour les Chrestiens morts en ces rencontres--.